Comprendre la FIV
FIV, ICSI, IAC, DPI : quelles différences et pour qui ?
Quand on entre dans un parcours de PMA, on entend très vite un vocabulaire technique : IAC, FIV, ICSI, DPI. Ces sigles désignent des techniques différentes, avec des niveaux d’intervention croissants au laboratoire. Voici comment les distinguer, sans jargon.
IAC : l’insémination artificielle intra-conjugale
C’est la technique la plus simple. Le sperme du conjoint est recueilli, puis préparé au laboratoire pour sélectionner les spermatozoïdes les plus mobiles. Ce concentré est ensuite déposé directement dans l’utérus, au moment de l’ovulation, à l’aide d’un fin cathéter. La fécondation se fait ensuite naturellement dans les trompes.
Pour qui : infertilité inexpliquée, troubles légers de l’ovulation, glaire cervicale défavorable, infertilité masculine très légère. L’IAC suppose au moins une trompe perméable et un sperme suffisant. On propose généralement 3 à 6 cycles avant de passer à autre chose.
FIV classique : la fécondation hors du corps
En fécondation in vitro, on stimule les ovaires pour obtenir plusieurs ovocytes, qui sont recueillis lors d’une ponction. Au laboratoire, ovocytes et spermatozoïdes sont mis en contact dans une boîte de culture : la fécondation se fait « spontanément », sans manipulation individuelle des spermatozoïdes. Les embryons obtenus sont cultivés quelques jours, puis un embryon est transféré dans l’utérus.
Pour qui : trompes bouchées ou absentes, endométriose, infertilité inexpliquée, échecs d’IAC, infertilité masculine légère.
ICSI : un spermatozoïde injecté dans l’ovocyte
L’ICSI est une variante de la FIV. La différence tient à une seule étape : au lieu de laisser la fécondation se faire seule, le biologiste sélectionne un spermatozoïde et l’injecte directement dans l’ovocyte, sous microscope. Tout le reste (stimulation, ponction, culture, transfert) est identique.
Pour qui : infertilité masculine (spermatozoïdes peu nombreux, peu mobiles ou de forme anormale), échec de fécondation lors d’une FIV classique, spermatozoïdes obtenus par prélèvement chirurgical (voir la biopsie testiculaire).
DPI : analyser les embryons avant de choisir lequel transférer
Le DPI (diagnostic préimplantatoire) n’est pas une manière différente de féconder : c’est une étape supplémentaire, après la FIV ou l’ICSI. Quelques cellules sont prélevées sur chaque embryon obtenu (au 5ᵉ jour de culture) et analysées en génétique. Seul un embryon indemne de l’anomalie recherchée est proposé au transfert.
Pour qui : maladie génétique connue dans le couple, remaniement chromosomique, fausses couches à répétition, échecs répétés de FIV/ICSI. Le DPI se décide avec le médecin avant le cycle et répond à une indication médicale précise — jamais à une simple préférence.
En résumé
| Technique | Ce qu’elle change | Niveau d’intervention |
|---|---|---|
| IAC | Dépose le sperme dans l’utérus | Faible |
| FIV classique | Fécondation en boîte de culture | Moyen |
| ICSI | Injection d’un spermatozoïde dans l’ovocyte | Élevé |
| DPI | Analyse génétique des embryons avant transfert | Étape complémentaire, après FIV/ICSI |
Aucune de ces techniques n’est « meilleure » dans l’absolu : la bonne combinaison est celle qui correspond à votre situation, définie après un bilan. En Tunisie, toutes sont réalisées avec les gamètes du couple, pour des couples mariés ; le don de gamètes n’est pas autorisé.
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